Conseils pour les temps difficiles

Nous vivons collectivement une période inédite qui bouscule nos habitudes et nos émotions. Je vous écris ces quelques mots en souhaitant que nous parvenions à maintenir un esprit paisible.

De nombreuses personnes de par le monde sont décédées, malades ou gravement touchées par les événements. De nombreuses personnes vivent confinées, parfois seules, parfois dans la misère et souvent dans la peur et l’inquiétude. Nous avons besoin de maintenir un bon cœur ouvert et bienveillant envers ces personnes et cela même si nous ne pouvons pas grand-chose pour elles. Si nous pouvons aider, alors aidons, mais si nous ne pouvons rien faire, alors nous pouvons méditer sur la compassion en leur offrant de tout cœur nos souhaits les plus lumineux. Dans un cœur plein d’amour et de compassion il y a naturellement de l’espace et de la lumière. C’est cela que nous avons besoin de cultiver.

Les émotions d’impuissance, de peur et d’apitoiement ne sont d’aucune utilité ni pour nous-même ni pour ces personnes, nous n’avons donc pas besoin de les nourrir. Ces émotions nuisent au bonheur et de les entretenir ne contribue pas à notre évolution spirituelle. Cependant elles s’imposent à nous, alors, avec bienveillance et sagesse, nous pouvons les accueillir. Lorsque ces émotions apparaissent en nous, nous pouvons les accueillir car elles sont légitimes. Si elles sont présentes en nous, alors nous pouvons les laisser vivre et les laisser se dénouer par elles-mêmes, sans les entretenir par de vaines pensées. Prenez le temps de les ressentir dans votre corps. Observez les vaines pensées alimenter ces tensions. Prenez le temps d’observer et de laisser se dénouer les tensions corporelles. Aidez-vous du souffle pour cela. En respirant de façon ample, régulière, consciente, vous pouvez déjà commencer à vous détendre avec ce qui est. Observez la parfaite inutilité des pensées négatives et des ruminations. Puis laissez votre esprit se déposer dans l’instant présent. La simplicité de l’instant présent est merveilleuse. À peine aurez-vous goûté à quelque moment de paix que déjà le mental vous aura assailli de vaines pensées. C’est bien naturel, le mental fait son travail. Il cherche à résoudre des problèmes, il se sent menacé et en concurrence avec le monde. Il souffre d’impuissance et d’ennui. Lorsqu’en méditation nous nous déposons dans la simplicité de l’instant présent, nous nous libérons de la dictature du mental. La paix est là, très simple.

Nous avons besoin d’être prudents et de respecter strictement les consignes du gouvernement. Si nous appliquons cette éthique avec patience, alors les choses deviennent vraiment très simples. Nous n’avons pas besoin de tergiverser et de nous poser mille questions inutiles. Observons en nous les questionnements inextricables et la douleur qu’ils engendrent. La sagesse est un esprit très simple. Ne laissez pas le mental vous entraîner dans des complexités inutiles et douloureuses. Revenez à la simplicité de l’instant présent.

Accepter les choses avec patience revient à renoncer totalement à ce que les choses aient pu être différentes. Si les choses se sont passées de cette manière, cela signifie que tout était en place pour cela. « Ceci est parce que cela est. » Il n’est donc pas utile de nous torturer avec l’hypothétique. Quant à l’avenir, nous n’en maîtrisons pas grand-chose. Nous avons besoin d’accepter cela avec un esprit ouvert. Les choses changent depuis toujours et cela se poursuivra toujours. Nous avons besoin de nous détendre avec cela. Par contre, nous ne sommes pas impuissants puisque nous pouvons pratiquer la compassion, la générosité, la solidarité, l’éthique de respecter les consignes pour le bien de tous. Nous pouvons méditer, réapprendre à vivre dans l’instant présent et accueillir nos émotions. Cette situation est donc riche d’enseignements et d’occasions pour cheminer intérieurement.

La tentation de nous recroqueviller sur nous-même est peut-être là. Cette tentation est une création du mental qui s’identifie à un personnage qui a besoin de se défendre. Ce personnage, nous-même, se sent protégé par sa peur et par son auto-préoccupation. Si nous observons très honnêtement et avec sagesse, nous pouvons constater que de s’abandonner à la peur et à la préoccupation de soi-même est source de souffrance. Il y a alors un petit « moi » effrayé qui se crispe sur lui-même. Même si nous sommes physiquement confinés, nous pouvons rester en lien avec les autres. Pas seulement avec les autres êtres humains mais avec l’ensemble du vivant. C’est pourquoi nous avons besoin de méditer sur l’amour, sur la compassion, sur l’interdépendance, sur la prise et le don, sur le sens de notre vie, sur des personnes inspirantes etc. Tournons-nous plutôt vers la solidarité dans les actes si nous le pouvons mais surtout dans notre cœur, cela nous le pouvons toujours.

Tout en générant un bon cœur compatissant pour ceux qui souffrent, nous pouvons vivre cette situation comme un moment privilégié qui comporte de nombreux avantages. Le confinement est une chose positive puisque cela vise à protéger la vie de nombreuses personnes. Nous pouvons essayer d’accepter cela de bon cœur. Ce peut être l’occasion de prendre soin les uns des autres, de réapprendre à vivre plus simplement, dans l’instant présent. Nous pouvons profiter de ce moment pour méditer davantage et pour cheminer sur notre voie spirituelle. Nous pouvons également nous réjouir de la baisse spectaculaire de la pollution dans le monde et envisager de contribuer à ce que l’esprit humain et ses activités soient plus respectueuses de l’environnement à l’avenir.

Nous pouvons voir les choses de façon plus ouverte, avec un angle de vue plus vaste, avec davantage de hauteur. Tant que nous restons dans la préoccupation de nous-même, les souffrances sont inextricables et sans fin. Tant que nous restons recroquevillé sur notre « petit moi » nous sommes hors réalité et nous n’aurons de cesse que de nous heurter douloureusement à la réalité. C’est pourquoi nous avons besoin d’ouvrir notre cœur et de considérer les choses avec davantage de hauteur de vue. Avec une « grande âme » en quelque sorte. Il est donc utile de conscientiser une perspective plus vaste que nous-même. Ceux qui savent la nature de l’arc-en-ciel savent la nature des choses. Nous pouvons progresser vers cela. Nous pouvons également lâcher notre anthropocentrisme et nous réjouir du printemps qui s’éveille, des oiseaux qui chantent et de la vie d’innombrables animaux qui sera épargnée par la diminution de l’activité humaine. D’ailleurs, de nombreux humains verront probablement leur santé s’améliorer grâce à la diminution de la pollution et au repos.

Chaque jour nous sauvons des vies, juste en restant confinés à la maison, n’est-ce pas merveilleux ?

A cet instant, s’il vous plais, posez vous sur le souffle une minute.

Si nous focalisons uniquement sur les aspects négatifs des choses, alors nous générons des perturbations mentales et nous souffrons. Si nous ne voyons que le danger, l’impuissance et l’incertitude, alors nous souffrons inutilement. C’est pourquoi nous avons besoin de focaliser sur ce qui est vraiment important : Accepter patiemment les choses telles qu’elles viennent. Réapprendre à vivre dans l’instant présent. Accueillir nos émotions douloureuses sans les nourrir. Faire STOP lorsqu’apparaissent les ruminations. Générer du bon cœur et être solidaire lorsque nous le pouvons. Cultiver la sagesse et élargir notre champ de conscience, sans limite. Enfin, si nous pouvons essayer de mettre de la souplesse d’esprit dans chaque instant de conscience, alors nous nous ferons le plus grand bien, et à notre entourage également. Merveilleuse souplesse d’esprit qui fluidifie tout.

Je vous souhaite un bel esprit paisible.

Si vous avez besoin d’aide, je reste là pour vous.

David Sorin

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