Zone d’effort

En méditation appliquée nous sommes fréquemment amené à sortir de notre « zone de confort » pour entrer dans notre « zone d’effort ». Lorsque nous parvenons, au fil des méditations, à réaliser ce mouvement intérieur, nous nous offrons de l’amplitude, de l’espace de bien-être intérieur, en toute lucidité.

Par exemple, il est fréquent, lorsque nous commençons à méditer sur la gratitude, que des tensions internes apparaissent chez certains méditants. La gratitude ne passe pas. Ils l’expriment parfois de la manière suivante: « Pourquoi devrais-je remercier ces personnes quasi inconnues, qui m’ignorent et à qui je ne sois rien ? ». Le travail se fait, pas à pas, et la contemplation les amène naturellement à admettre puis à savourer leur interdépendance avec un grand nombre de personnes. Ils remercient alors du fond du cœur et la méditation sur la gratitude devient un moment de plénitude. Cette victoire est superbe et tout le tout le groupe de méditants s’en réjoui.

L’effort humble permet ce mouvement intérieur. Cet effort est une vaillance basée sur un constat d’impuissance plein d’humilité: « J’essaie la gratitude puisque l’amertume, l’idée que je me fais de l’indépendance et l’ingratitude ne fonctionnent pas. »

J’éprouve beaucoup d’admiration et d’affection  pour les méditants qui peinent, qui buttent sur une croyance néfaste bien ancrée ou sur une impasse intérieure, mais qui, malgré tout, vont de l’avant et, jour après jour, méditent jusqu’à s’en libérer.

David